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Ancienne formulation (fin janvier 2010) :
Les amours pluriels tendent à permettre à chaque personne de vivre plusieurs relations amoureuses, simultanément et avec le consentement de ses partenaires amoureux.
Commentaires de Samuel (début janvier 2010) :
Les amours pluriel(le)s tendent à laisser la possibilité à chacun de vivre plusieurs relations amoureuses, sans les cacher les unes aux autres... Ainsi, tromper son conjoint n'est pas considéré comme une forme d'amours pluriels. (Ce texte était celui qui était sur la page d'accueil à l'époque où Samuel a fait ses commentaires. La mise en couleur est là pour faciliter la lecture des commentaires ci-dessous.)
- Dès la première utilisation, sans obligation de l'utiliser par la suite : (le). Effet de courtoisie linguistique qui suggère pour moi de l'intrigue, cette singularité propre à chacune de nos histoires d'amours qui me semble justifier par le fait qu'il s'agit d'histoires d'amours plurielles, la féminité du terme histoire qui vient ici assez spontanément à l'esprit justifiant ce féminin.
- A « chacun », je privilégierait l'expression « chaque personne » parce que cette expression a l'avantage de mettre en valeur d'entrée de jeu la notion de personne. Cette notion est d'autant plus importante qu'elle permet d'introduire par la suite la notion de singularité qui permet de définir la notion de personne. Une personne est dite singulière en ce sens qu'aucune personne n'est substituable/interchangeable à une autre, soit unique... en son genre, le genre humain. Dans le même temps, cela permet d'éviter à devoir se poser la question courtoise du féminin qui conduit à ce genre de formule que j'emploie souvent : « chacun, chacune ».
- Bien que sans ambiguïtés à la seconde lecture, les expressions du type "les unes aux autres" ne passent souvent pas à la première lecture, mais sont univoques et donc sans ambiguïtés. C'est justement parce que le langage courant ne prend pas garde à éviter nombres d'ambiguïtés que lorsqu'il est fait usage de telles expressions, il se crée un décalage de compréhension au niveau de l'usage. A noter que l'expression "les unes aux autres" peut ici se remplacer par l'adverbe « mutuellement », ce qui m'amène au point suivant.
- Petit bémol, le fait que les relations ne soient pas cachées les unes aux autres ne signifient pas qu'il y a consentement mutuel de part et d'autre. Or la thématique du consentement mutuel s'impose comme le montre l'exemple du paragraphe suivant. (Sur cette thématique, je t'envoie un dossier de PhiloMag qui peut être éclairant.)
- Je note les trois petits points qui suggère que ton propos est incomplet, probablement du fait de l'absence du thème du consentement mutuel. C'est un geste d'écriture courant par lequel se manifeste inconsciemment une hésitation de l'esprit.
- Autre point sur lequel tu as probablement pu hésiter, c'est qu'il peut y avoir consentement mutuel sur le fait de relations extérieurs sans la nécessité de dévoiler ces relations, voire au contraire avec la motivation explicite de garder secrètes ces relations extérieures. Ce consentement peut être implicite, mais cela implique que les partenaires ne sont pas assurés de la conscience mutuelle de leur consentement. Cas de consentement implicite, les personnes décident de rester ensemble pour leurs enfants sans discuter explicitement du fait de leurs relations extra-conjugales. Ce qui pose ici problème, c'est le terme « cacher » qui se substitue au terme « consentement ».
- Bref, je reformulerais pour ma part l'expression « sans les cacher » par l'expression « avec le consentement de chaque personne impliquée. » En fait, c'est là tout le problème des expressions négatives, elles ne disent pas positivement/affirmativement leur propos, propos que le lecteur doit déduire lui-même par défaut au risque qu'il se trompe, soit manque le fait implicite d'un consentement mutuel explicite entre les partenaires.
- Bien que « Tromper » appartient au sens commun, « cacher » conviendrait mieux ici car la construction est beaucoup moins métaphorique, soit beaucoup plus littérale. Preuve en est que, dans le terme tromper, il n'y a pas l'expression explicite d'une relation extra-conjugale au contraire de l'usage du terme « cacher » qui sollicite le complément (d'objet direct) : « une relation extraconjugale ». Le lecteur qui refoule le fait des relations extra-conjugale peut ainsi facilement beaucoup plus facilement occulter ce fait avec l'expression « tromper ».
- Le terme « Conjoint » relève ici d'un cas particulier de relation, la conjugalité, soit le régime marital ou la vie entre époux. De ce fait, la phrase sonne comme un exemple particulier alors qu'étant précédé d'une définition positive de ce qu'est les amours plurielles, le lecteur peut s'attendre à une définition négative de ce que ne sont pas les amours plurielles. En fait, l'intention de ce paragraphe part d'une intention juste : une expression générale, un cas particulier. Reste qu'étant donné que tu expriment négativement le consentement mutuel, le lecteur comprend – avec les trois petits points de suspension en plus – qu'il s'agit d'une manière d'expliciter son expression négative – « SANS cacher » - par une autre expression négative « tromper sont conjoint N'est PAS » Bref, je reviens au sentiment d'incomplétude des trois petits points qui cherche à se compléter par une double négation à défaut d'une affirmation simple. Le problème, c'est que ta deuxième phrase joue deux rôle en même temps : compléter la généralité de la première phrase et jouer le rôle d'un exemple particulier. Cela peut générer une confusion dans l'attente des lecteurs.
Au final, je reformulerais pour ma part ce premier paragraphe de la sorte :
Les amours pluriel(le)s tendent à laisser la possibilité à chaque personne de vivre
simultanément/conjointement/en même temps plusieurs relations amoureuses avec le
consentement de chaque personne impliquée. Ainsi, par exemple, cacher à son
conjoint ses relations extra-conjugales ou les lui imposer sans son consentement
n'est pas considéré comme une forme d'amours pluriels.
- J'ai rajouté simultanément/conjointement/en même temps pour éviter la confusion avec la monogamie en série. La simultanéité est habituellement le critère de distinctions des plusieurs amours que l'on retrouve autant dans les amours plurielle que dans la monogamie en série. A ce propos, la notion de série est perméable à celle de la singularité et particulièrement intéressante pour approcher la singularité des histoires. Les séries portent ainsi très bien leur noms de « séries » et permettent un découpage du temps à même de cerner les différentes attentes, envies, besoins et limites de chacun en termes d'épisodes, de saisons.
- En conclusion, si je me suis attardé longuement sur ce premier paragraphe, c'est afin de t'illustrer quelques dynamiques d'écritures et surtout parce que le premier paragraphe conditionne toute la suite de la lecture. Par exemple, gommer d'emblée le risque que le lecteur manque le thème implicite du consentement et pensent agir dans une dynamique d'amours pluriel(le)s en imposant à son/sa conjoint(e) ses relations extra-conjugales, soit qu'il suffit de ne pas se cacher pour être dans une telle dynamique peut porter à de lourdes conséquences. D'ailleurs, implicitement la suite reconnaît la nécessité d'une discussion puisque tu poursuis sur ce thème. Implicitement, pour qu'il y ait consentement, il faut qu'il y ait discussion, que cela soit explicitement discuté.
Cette remise en question ouvre le champ à de nombreux échanges et discussions. Il n'y a pas un modèle à suivre, mais des situations à réinventer en permanence en fonction des attentes, des envies, des besoins et des limites de chacun… Par exemple, une personne peut avoir besoin d'être rassurée par l'exclusivité amoureuse dans les premiers mois de la relation, pour prendre le temps de parler de la non-exclusivité, et de ressentir ce que cela touche chez elle.
- Comme je te l'ai déjà écrit, l'exemple choisi me semble en partie ici compenser l'absence de la thématique du consentement mutuel. Par contre, tu développes très bien le sous-titre de "Aimer plusieurs hommes" de FS : « Où des hommes et des femmes reinventent une nouvelle conjugalité ». Sur ce point, je n'hésiterais pas à mettre un renvoie en bas de page. Il s'agit d'un développement nécessaire aux amours plurielles.
- Sinon, l'exemple choisi permet très bien de rebondir sur la thématique de la jalousie qui constitue un point clé au sens où la jalousie se présente souvent comme une porte close à la compréhension des amours pluriels.
- Accessoire, mais les trois points de suspension son quelque part justifier étant donner l'ampleur des facteurs à prendre en compte, mais cela ne colle pas avec le « et » qui se termine obligatoirement par un point – simple question de ponctuation qui traduit une hésitation légitime à ponctuer. Soit, ce sont les trois petits points de suspension, soit le « et »
Le sentiment de jalousie n'est pas forcément aussi difficile à vivre qu'on se l'imagine souvent, surtout si son partenaire amoureux est capable d'écouter avec empathie et sans être sur la défensive. Le temps et la discussion permettent presque toujours de trouver des solutions où chacun se sent bien.
- Je ne suis pas fan des expressions impersonnel du type « on » sur les sujets personnels, mais elle peut se justifier étant donner qu'il s'agit d'un imaginaire collectif. J'hésiterais donc à rendre explicite cette justification en reformulant de la sorte : « que l'imaginaire collectif tend à le faire penser »
- Dans ce paragraphe, tu assois clairement le choix d'un style d'écriture proche de la vie concrète de ce mode de vie. C'est excellent pour la compréhension du lecteur. Le rappel à la discussion qu'ouvre la question des amours plurielles en début de paragraphe est excellent pour conclure en fin de paragraphe. Le lecteur peut rassembler implicitement le fait que les amours plurielles ne condamne pas les amours exclusives, qu'elles peuvent même y trouver un intérêt. Le choix du terme exclusif est de ce point de vue excellent car il permet de ne pas définir les dites relations comme des relations jalouses et possessives, soit marque implicitement un respect pour le choix de ce genre de relations, particulièrement en ce qui concerne leur difficultés. Implicitement, les mêmes difficultés se retrouve dans les amours plurielles, mais se présentent sur un jour plus optimiste. Avec des exemples concret, tu illustres et définit dans le même temps des thématiques essentielles. Car bien évidement en ce qui concerne le terme de la discussion qui ouvre et clôture ce paragraphe, la jalousie est un terme incontournable.
Tel qu'utilisé aujourd'hui, le concept de libertinage est très différent de celui d'amours pluriels : il existe beaucoup "d'amoureux pluriels" pour qui les sentiments amoureux sont indispensables pour le sexe ; et il existe beaucoup de libertins qui remettent uniquement en question l'exclusivité sexuelle, et pas l'exclusivité amoureuse (pour eux, hors de la relation principale, le sexe est permis, mais pas le fait de tomber amoureux).
- Les distinctions sur le libertinages sont justes, mais la thématique du libertinage tombe de manière plutôt abrupte, soit un peu de nulle part et nécessiterait d'être introduite.
- « mais » et non pas « et »
- Pour l'ensemble de ce paragraphe je te conseille de revoir la ponctuation au profit de courtes phrases.
Le terme polyamour apporte l'avantage de décrire le concept en un seul mot. L'inconvénient majeur, c'est que "poly" laisse sous-entendre l'interchangeabilité (tout comme "multiple"), alors que "pluriels" contient la notion de singularité. "Amours pluriels" semble donc plus adapté à la réalité des relations amoureuses.
- Personnellement, j'utiliserais ce paragraphe en introduction ou je séparerais ton article en deux parties. Ou encore, je scinderais en deux pages une qui explique les amours pluriels et une autre qui explique le choix de l'expression les "amours pluriels".
- De fait, ton article semble s'organiser en deux parties. L'une qui explicite ce que sont les amours pluriels et une autre qui discute du choix de l'expression "amours pluriels". La discussion de l'expression commence en fait lorsque tu fais la différence avec le libertinage d'où, soudain, un passage abrupte alors que tout s'enchaînait logiquement.
- La transition vers la discussion de l'expression même pourrait s'effectuer en glissant du lieu commun de la jalousie vers la liberté d'entretenir plusieurs relations. Puis tu entames la discussion sur le fait que cela aurait pu s'appeler du libertinage en raison de cette liberté, mais que l'usage en donne un autre sens. C'est d'ailleurs en partie parce que l'usage du terme est réservé à un autre sens que Françoise Simpère utilise l'expression "lutin".
- "amours pluriels" ou "amours plurielles". Françoise ne justifie pas le choix du féminin pour le titre de son guide alors qu'elle a longtemps utilisé le masculin. Le féminin donne spontanément l'envie de faire précéder l'expression du terme "histoire" : des histoires d'amours... plurielles. Les histoires d'amours constituent une autre forme de lieu commun qui peut servir dans l'intro. Des histoires, oui, mais qui ne s'excluent pas les unes des autres et qui ne se cachent pas plus les unes des autres.
- Dernière remarque, la notion de la (non)-exclusivité arrive tardivement, soit lorsqu'il s'agit de différencier les amours pluriels du libertinage, ce qui peut laisser croire que cette notion sert uniquement à les différencier. Si tu relis mon paragraphe ci-dessus, la notion de non-exclusivité peut s'introduire en même temps que celle de la transparence, soit de l'acte de ne pas se cacher. Si tu le relis, tu remarqueras qu'elle peut s'introduire facilement en utilisant sa forme verbale : ne pas s'exclure ou sans s'exclure – ce qui est une autre manière de traduire la simultanéité qui différencie les amours plurielles des amours en séries successives. A ce propos, la non-exclusivité n'est elle pas première sur la transparence ?
- Pour cette dernière série de remarque, je préfère en discuter avec toi parce que cela implique trop de changements dans la globalité du texte. Voilà, pour ma part, je salue ton initiative... de quelques lignes. De fait, je pense qu'il est nécessaire d'avoir un référent simple et clair.
Version de décembre 2009 :
Les amours pluriels tendent à permettre à chacun de vivre plusieurs relations amoureuses (mais rien n'oblige à en vivre plusieurs), sans les cacher les unes aux autres (tromper son conjoint n'est pas considéré comme une forme d'amours pluriels).
Cette remise en question de l'exclusivité amoureuse ouvre le champ à de nombreux échanges et discussions. Il n'y a pas un modèle à suivre, mais des situations à réinventer en permanence en fonction des attentes, des envies, des besoins et des limites de chacun…
Le sentiment de jalousie n'est pas forcément aussi difficile à vivre qu'on se l'imagine souvent, surtout si son partenaire amoureux est capable d'écouter avec empathie et sans être sur la défensive. Le temps et la discussion permettent presque toujours de trouver des solutions où chacun se sent bien.
Tel qu'utilisé aujourd'hui, le concept de libertinage est très différent de celui d'amours pluriels : il existe beaucoup "d'amoureux pluriels" pour qui les sentiments amoureux sont indispensables pour le sexe, et pour qui la notion d'engagement est importante ; et il existe beaucoup de libertins qui remettent uniquement en question l'exclusivité sexuelle, et pas l'exclusivité amoureuse (pour eux, hors de la relation principale, le sexe est permis, mais pas le fait de tomber amoureux).
Le terme polyamour apporte l'avantage de décrire le concept en un seul mot. L'inconvénient majeur, c'est que "poly" laisse sous-entendre l'interchangeabilité (tout comme "multiple"), alors que "pluriels" contient la notion de singularité. "Amours pluriels" semble donc plus adapté à la réalité des relations amoureuses.
Beaucoup de personnes me disent qu'il faut écrire "amours plurielles", mais sur Internet, j'ai trouvé ça :
« C'est une autre condition dont l'Académie ne parle pas : le mot amour, au pluriel, n'est employé comme féminin que quand il est précédé et non pas suivi de son adjectif : de folles amours, et non des amours folles ; comme de sottes gens, et non des gens sottes. L'adjectif étant mis après, amour, quoique au pluriel, resterait masculin : "des amours brutaux" (Pasc.) ; "froids, honteux, déplacés, odieux, lascifs" (Volt.) ; "particuliers" (Cond.) "Il est des amours emportés aussi bien que des doucereux." (Mol.). C'est qu'en général l'adjectif se place avant le substantif dans les locutions vagues, et après dans les locutions précises. »
P. B. Lafaye, Dictionnaire des synonymes de la langue française, 1884 http://miklos.blog.lemonde.fr/2008/01/22/l%E2...
D'autre part, si l'on se fie au Petit Robert, il semblerait qu'utiliser amours au féminin serait mettre l'accent sur l'aspect poétique :
« AMOUR : AU PLUR. Liaison, aventure amoureuse. Comment vont tes amours ? A vos amours ! à vos souhaits !. POET. (AU FEM) Des amours tumultueuses. "Le vert paradis des amours enfantines" (Baudelaire). »
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